La multiplication des nonnes

Publié le 27 Novembre 2014

Avec "Marie Heurtin", bienvenue dans le couvent poitevin des Filles de la Sagesse. 

"Marie Heurtin", de Jean-Pierre Améris. (©Michael Crotto) "Marie Heurtin", de Jean-Pierre Améris. (©Michael Crotto)

Le cinéma serait-il soudain frappé par la grâce? Constatons du moins que les nonnes ont, cet automne, le vent dans les voiles. Après «Ida», le très beau film en noir et blanc de Pawel Pawlikowski où une jeune religieuse polonaise enquêtait, à la veille de prononcer ses voeux, sur ses origines juives, voici que les moniales se succèdent sur grand écran.

En octobre, « le Temps de quelques jours», Nicolas Gayraud pénétrait avec sa caméra dans l'abbaye aveyronnaise de Bonneval et faisait pour la première fois parler des soeurs cisterciennes.

Elles ont beau appartenir à l'Ordre de la Stricte Observance, elles sont beaucoup plus joyeuses et moins sacrificielles que Maria, la jeune catholique fondamentaliste de «Chemin de croix», le film glaçant et mortifère de Dietrich Brüggemann, sorti le 29 octobre. Aspirant à la sainteté, Maria, 14 ans, se martyrise au nom de Dieu, tandis que, au rythme des 14 stations du calvaire, le cinéaste allemand crucifie en même temps son héroïne et la religion.

A côté, «Marie Heurtin», de Jean-Pierre Améris, est une bouffée d'air pur. Au XIXe siècle, dans le couvent poitevin des Filles de la Sagesse, soeur Marguerite (Isabelle Carré) se consacre entièrement à sauver Marie Heurtin (Ariana Rivoire), 11 ans, une enfant sauvage, sourde, muette et aveugle. Elle lui apprend, non sans mal, à communiquer avec les siens et avec le ciel.

Il paraît que l'histoire est authentique. Peu importe. Ce qui est invisible - la foi, le sacerdoce, la conversion -, Jean-Pierre Améris réussit à le filmer, et avec une monastique simplicité. Un ange passe.

Publié dans #Jérôme Garcin

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