Lumière sur

Le Codex Sinaiticus est un des deux plus anciens manuscrits de la Bible — avec le Codex Vaticanus — qui rassemble à la fois l'Ancien et le Nouveau Testament. Classé par Gregory-Aland no א ou 01, c'est un codex de la Bible en koinê, une forme de grec ancien, écrit en caractères de type onciale et datant du IVe siècle, entre 325 et 360. Il contient des parties de l'Ancien Testament, la totalité du Nouveau Testament, l'Épître de Barnabé et le Pasteur d'Hermas.

Le codex a été copié par trois scribes dans un scriptorium d'une cité du monde gréco-romain comme Alexandrie, Rome ou Césarée de Palestine. Il a été considéré comme faisant partie d'une commande de l'empereur romain Constantin Ier mais cette hypothèse est réfutée au XXIe siècle. Au cours des siècles suivants, sa situation géographique n'est pas connue et des correcteurs remanient les textes de nombreuses fois.

Constantin Tischendorf découvre le codex en 1844 au monastère Sainte-Catherine du Sinaï au cours de deux voyages pour le roi de Saxe Frédéric Auguste puis d'un troisième voyage pour le tsar Alexandre II de Russie. Tischendorf publie ensuite en 1862 les découvertes de sa première expédition sous le titre Bibliorum codex Sinaiticus Petropolitanus. Konstantinos Simonides, un brillant faussaire, prétendra avoir rédigé le codex dans un monastère du Mont Athos mais sa supercherie est démasquée en 1863. Entre 1907 et 1911, Vladimir Benechevitch trouve trois nouveaux feuillets. Kirsopp Lake publie l'intégralité du Codex Sinaiticus en fac-similé en 1911 et 1922.

Tischendorf rapporte ses découvertes à chacun de ses commanditaires : un tiers du codex à l'université de Leipzig et le reste à Saint-Pétersbourg. En 1933, les autorités soviétiques vendent la plupart des feuilles du codex qu'elles détiennent à la Grande-Bretagne qui les confie au British Museum. En 1975, les moines du monastère Sainte-Catherine du Sinaï, puis en 2009 un étudiant nommé Nikolas Sarris, découvrent de nouvelles parties du codex qui restent conservées dans le monastère en Égypte.

Les conditions de la découverte du codex par Tischendorf donnent lieu à controverse. Tischendorf affirme que les moines étaient sur le point de détruire le manuscrit alors que les moines reprochent à Tischendorf de s'être approprié les manuscrits qu'il ne devait qu'emprunter. Le tsar dédommage le monastère par une somme d'argent, et des documents des autorités religieuses valident a posteriori le transfert de la possession des manuscrits. Le monastère conteste toujours la version de Tischendorf.

En 2005, les quatre institutions qui conservent ce manuscrit (la British Library — héritière du British Museum —, l'université de Leipzig, le monastère Sainte-Catherine du Sinaï, et la Bibliothèque nationale russe) s'entendent pour numériser la totalité des textes. La numérisation est mise en ligne en 2008.

L'étude du Codex Sinaiticus est de première importance pour la critique textuelle, notamment pour celle du Nouveau Testament.

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